lundi 15 février 2021

Le socio-constructivisme

I- Définition

        Selon le site Universalis, le socio-constructivisme est une « technique éducative dans laquelle chaque apprenant est l'agent de son apprentissage et de l'apprentissage du groupe, par le partage réciproque des savoirs ».

        Dans ce modèle, la dimension relationnelle de l’apprentissage est donc très importante, puisque la construction d’un savoir, bien que personnel, s’effectue dans un cadre social. À l’influence environnementale du constructivisme de Piaget, le socio-constructivisme ajoute ainsi la dimension sociale.


II- Précurseurs

        Ce courant a été impulsé par Lev Vygotski, un psychologue biélorusse, à la fin du XXème siècle. Pour lui, c’est au travers de sa socialisation qu’une personne s’individualise, et il met donc la nature sociale des apprentissages au centre de sa réflexion. Par ailleurs, il crée le concept de « Zone Proximale de Développement » (ZPD), parfois appelée Zone Proche de Développement, qui représente l’écart entre notre niveau de développement actuel (c’est à dire ce que l’on réalise à un temps T, sans l’aide de personne), et notre niveau de développement potentiel (à savoir ce que l’individu est capable de réaliser avec l’aide d’un pair plus expérimenté, et qu’il sera donc capable de réaliser seul ensuite). 




        Si Vygotski est l'influenceur du courant socio-constructiviste, d'autres scientifiques ont apporté leur pierre à l'édifice. Parmi eux, Bruner a défini le rôle de l’enseignant dans la Zone Proximale de Développement, et c’est ce qu’il appelle le processus d’étayage. Pour lui, l’enseignant est un médiateur des apprentissages qui doit privilégier une pédagogie de la découverte, de l’expérimentation. L’étayage est défini comme "l’ensemble des interactions d’assistance de l’adulte permettant à l’enfant d’apprendre à organiser ses conduites afin de pouvoir résoudre seul un problème qu’il ne savait pas résoudre au départ." 

        Bandura, lui, développe le concept de l’apprentissage vicariant qui va de paire avec le sentiment d’auto-efficacité. En effet, la possibilité qu’a l’enfant d’observer ses camarades (d'âge et de niveau scolaire proches des siens) réussir , va avoir un effet motivant et rassurant sur ses propres habilités à réussir les mêmes tâches qu’eux. Il peut alors se projeter lui-même dans la résolution de l’exercice avec une certaine confiance en ses capacités à réussir. 

         Pour Doise et Perret-Clermont, les processus cognitifs tels que la métacognition et le conflit socio-cognitif, sont deux mécanismes également influencés par la tendance qu’a l’enfant à se comparer, ou comparer ses résultats à celui de ses pairs/camarades, lui permettant ainsi une forme d’auto-critique et un réajustement de stratégie dans son apprentissage. 


III- Caractéristiques de ce modèle

         Ce modèle s’appuie sur le principe que l’homme, et donc ici l’enfant, étant un être social, a besoin de l'interaction avec son environnement social pour apprendre. 
         Les enfants de son âge ou de son groupe et l’adulte seront une figure étayante amenant l’apprenant à avancer vers un nouveau savoir. Il s’agit de mettre en œuvre une situation-problème où l’apprenant sort de sa zone de confort (savoir acquis) vers la zone proximale de développement (Zone de Conflit Cognitif), pour arriver vers l'acquisition d’un nouveau savoir ou compétence. 

         Le socio-constructivisme, entre autres choses, a été mis en avant dans la pédagogie active de Freinet et Montessori. En effet ces écoles dites alternatives basent leurs apprentissages, non seulement sur le principes de l’expérimentation (apprenant au cœur de son apprentissage) mais également sur le travail collaboratif.





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